26 octobre 2006
Chapître1- Deux mois au Chili : terminé
Voilà, deux mois ont passé depuis notre arrivée sur le continent sud-américain, sur la terre chilienne.
Deux mois ; deux étapes.
La première s’est passée dans la moitié sud du Chili, dans la région de l’Araucania. Nous avons rencontré de nombreuses personnes à propos du peuple Mapuche et des difficultés qu’il rencontrait : anthropologue spécialiste de la question, organisations Mapuches, ateliers de tissage Mapuche, association d’étudiants Mapuches, agriculteurs Mapuches…nous avons essayé de rencontrer plusieurs milieux, des personnes Mapuches et non-Mapuches, afin de nous faire une idée de la situation actuelle de ce peuple.
A San Pedro de Atacama, nous nous sommes attachés plus particulièrement à identifier les relations entre le peuple Atacameno et le tourisme. Entretiens divers et variés (avec la maire de San Pedro, agriculteur, présidents de communauté, …) nous ont permis d’éclaircir le sujet.
Deux peuples distincts ; des problématiques à la fois communes et propres à ces peuples
Le problème de la terre
Même si une loi (de 1993) reconnaît les peuples « originaires » du Chili, l’Etat ne reconnaît pas comme Peuple mais comme ethnie. Ce qui change tout. Car qui dit peuple dit territoire, et le Chili veut absolument conserver l’unité et l’intégrité du sien. Ainsi en ne reconnaissant que ces peuples comme ethnies, l’Etat n’a pas de dette « foncière ». Les peuples Mapuches et Atacamenos luttent ainsi encore pour retrouver leurs terres ancestrales, monopolisées depuis longtemps, par les espagnols lors de leur arrivée en terre atacameña, ou des Chiliens républicains lors de l’intégration du territoire Mapuche au territoire chilien. Les Mapuches, par exemple ne possèdent plus que 5% de leurs terres ancestrales.
Peuple Mapuche
Destruction de leur territoire : les communautés rurales
doivent faire face à de nombreux problèmes de pollution des sols. En effet les entreprises forestières qui plantent d’immenses plantations de pins ou d’eucalyptus acidifient le sol, assèchent les nappes phréatiques (certaines communautés doivent alors être approvisionnées en eau par camions citernes, jusqu’à 5 mois par an !) et détruisent la forêt primaire, dont les essences sont encore utilisés par les Mapuches. L’installation de pisciculture dans les forêts Mapuches provoque également des dégâts considérables au niveau des cours d’eau. Les taux de pollution étant assez élevés et peu vérifiés, ces industries ne prennent pas trop soin de l’environnement…
Enfin, certaines communautés ont à faire avec des fosses à ordures construites aux abords de leurs terres. Imaginez les conséquences sur le taux de pollution des sols et des nappes phréatiques…
Un peuple dynamique
De nombreux Mapuches (surtout ceux des villes) sont en pleine phase de renforcement de leur identité indigène. Alors que leurs parent et grands-parents cachaient leurs origines Mapuches, les jeunes sont aujourd’hui fiers de se montrer Mapuche. Le Mapudungun est par exemple appris à l’école. Des organisations de « fortalecimiento » de la culture Mapuche existent, tout comme des ateliers de tissage traditionnels ou corporations d’agriculteurs Mapuches se forment afin de conserver et promouvoir leur culture.
Depuis une dizaine d’années le peuple Atacameño de San Pedro de Atacama, oasis perdue non loin du Salar de Atacama, doit faire face à un afflux énorme de touristes venant profiter des magnifiques paysages que propose la région. Sauf que le village n’était pas préparé. Et ses habitants non plus.
Le village de 5000 âmes gonfle en période de vacance pour atteindre trois fois sa taille. La population locale, principalement agricole a vu sa tranquillité fondre devant les bus de touristes et l’installation de nombreuses agences de tourisme « de afuera », d’autres régions du Chili ou de l’étranger, puisque les locaux n’étaient pas formés au tourisme.
Les changements qui s’en suivirent furent et sont aujourd’hui assez problématiques :
Augmentation de la consommation de l’eau. Ainsi, l’eau est coupée à partir de 13 heures dans San Pedro, pendant les périodes de vacances. Mais les hôtels un peu luxueux, qui ont piscines et jacouzies pour attirer la clientèle (dans le désert le plus aride du monde, quoi de plus naturel…) se doivent de fournir ce précieux éléments à ces chères hôtes ; et de creuser des puits pour puiser dans les nappes phréatiques ; utilisées par les agriculteurs. Diminution de l’eau des canaux et de sa disponibilité pour les petits campesinos Atacameños pratiquant une agricultures de subsistance.
Cependant, depuis quelques années, le peuple Atacameño ici depuis 11000 réagit face à ce phénomène, comme il avait survécut à l’arrivée des Incas, des Espagnols, des entreprises minières collectant le lithium sur le Salar. Afin d’éviter une défiguration du village, un plan de régulation obligeant les nouvelles habitation du village à respecter l’architecture traditionnelle : l’habitation en adobe. De plus, les fêtes qui se déroulaient la nuit en plein centre ne sont plus, les bars ferment leurs portes vers deux heures… afin de ne plus déranger les locaux habitants aux alentours. Une école de tourisme a été créée, ce qui permet, aujourd’hui, à 30% des guides de San Pedro d’être locaux (c’est déjà ça…).
Les entrées payantes des lieux attrayants sont, pour l’instant, réinvestis dans l’amélioration des infrastructures touristiques, mais seront dans un à deux ans reversées aux communautés qui administrent les lieux afin de mettre en place des projets communautaires.
Les communautés agricoles et le peuple Atacameno commencent ainsi à profiter des retombées économiques du tourisme et non seulement aux désavantages…
(les guides de la lagune cejar sur le salar de Atacama...)
Nous sommes maintenant en Argentine, après 23 heures de bus et le franchissement des Andes, passant devant salars et gorges, paysages aux couleurs magnifiques.
Nous sommes dans la province du chaco, au nord du pays, avec un climat super humide et chaud, des moustiques, la maladie de chaga qui rode, pour voir un projet d' ecotourisme (entre autre) avec des communautés du peuple Toba.
17 octobre 2006
Maria Reyes, guide Atacameña
Hier, rencontre avec une guide et garde atacamenienne de San Pedro, Maria Reyes.
Elle administre, avec 6 de ses collègues, la vallée de la lune depuis 2 ans et demi. Les gardes font payer l'entrée de la réserve et s'occupent d'informer les touristes à l'entrée. Par exemple, de ne pas monter sur les structures géologiques, fragiles : un touriste a détruit l’une des trois Marias (structure paticulière et très connu de la réserve) en grimpant dessus (ils sont cons ces touristes…). L'argent ainsi obtenu est utilisé pour aménager le site pour le confort des touristes et pour sa protection. A long terme, cette entrée d'argent sera répartie entre les 6 communautés administrant la vallée de la lune, pour être investi dans des projets communautaires ou dans le fonctionnement de la communauté.
Maria nous a expliqué les relations entre son peuple et le tourisme. Problèmes d'eau, de terre (les hotels achetant la terre...), problème du manque de retombées économiques pour le peuple qui vit sur ce territoire. Il faut savoir qu'ici seulement 30% des guides sont atacamenos. En effet, les étrangers sachant parler plusieurs langues ont plus de chances de trouver un poste de guide que les locaux, malheureusement "monoglotte". Ce qui est totalement absurde car souvent ils ne connaissent pas l'histoire de la région, ni les
données archéologiques et inventent de "belles histoires". Par exemple lors de la visite de la vallée de la lune, il n'est pas rare qu'un guide de "afuera" conte aux touristes crédules que "les Atacamenos vénéraient la lune et le soleil" alors qu'il n'en est pas du tout question : la lune ne leur sert à rien, et le soleil, ils n'en manquent pas.... En fait, ils accordent beaucoup plus d'importance à l'eau (l'eau étant l'élément limitant) et aux collines d'oú jaillissent les sources, car c'est grâce à ces éléments (eau, monts sacrés et la terre évidemment, la pachamama) qu'ils peuvent faire pousser fruits, légumes et l'herbe qui servira pour leur troupeaux! Conclusion, essayez de trouver des guides locaux...
Momies et malédiction
Lors de notre entretien, riche et passionnant, Maria nous a fait part de l'histoire entourant la mort du célèbre Padre Le Paige, à l'origine du musée éponyme, également mondialement célèbre. Respecter les ancêtres. Il le faut. Et c'est que semble avoir oublié le Père Le Paige en exhumant 5 momies Lican Antay, afin de les étudier et de les exposer dans son musée. Les ancêtres Lican Antay enterraient les leurs en les positionnant en position du foetus. Fin d'une vie, certes, mais également et surtout renaissance dans une autre vie, meilleure, et dans un autre monde ; d'où la forme en foetus (la position droite (en longueur) fut adoptée avec l'arrivée des Espagnols). Les gens n'étaient pas tristes lorsque quelqu'un mourrait, au contraire, ils se réjouissaient de la nouvelle vie du défunt. Les morts étaient enterrés dans un type de cimetière, dans lequel les gens se recueillaient avec beaucoup de respect. Voire de crainte. En effet, si l'on manquait de respect, un mort mécontent pouvait vous faire payer cette négligence...
Et Padre Le Paige semble en avoir fait les frais. Après l'exhumation des momies, des critiques commencèrent à émaner de la part de certains anciens Atacameños. Critiques ou menaces. La grand-mère de Maria se souvient bien, qu'une de ses comparse avait prédit au Père que les mort iraient le chercher, pour les avoir réveillés...
Ainsi, sa peau se dessechant, le Padre Le Paige est mort à 70 ans, aussi sec que les momies qu'il avait réveillé... Attention, derrière vous...
13 octobre 2006
En direct de San Pedro

Nous continuons d'aller de découverte en découverte! Aujourd'hui nous sommes allés voir le responsable de tourisme communautaire à Solor, une communauté atacamenienne à 4 km de San Pedro de Atacama. Une fois encore, la communauté ne propose pour l'instant que des logements et des repas mais est entrain de mettre en place un projet d'agrotourisme. 
C'est une communauté de 140 habitants qui gère deux lagunes situées à 15 km : la laguna de piedra et la laguna cejar. La première est tellemet salée que l'on y flotte losrqu'on s'y baigne. Elles sont très profondes et abritent des flamands, des courlis et autres oiseaux. La communauté est l'administrateur de ces lagunes depuis deux ans seulement, et elle fait payer depuis une année une entrée qui devrait bénéficier à toute la communauté. On est toujours aussi surpris de trouver ces grandes étendues d'eau au milieu du désert.
Un projet encore une fois sympa, en plein développement. La communauté projette de réaliser des plaquettes informatives, de construire quelques douches, une petite officine ainsi qu'un parking à une distance raisonnable des lagunes, afin d'éviter un afflux de voitures autour des points d'eau. En période de pointe, il peut y avoir 70 visiteurs par jour !. La communauté est conseillée par la CONAF (institution gestionnaire des parcs naturels).
Hier , nous avons rencontré la maire de San Pedro qui est Atacaménienne. Discussion fort intéressante, car on a pu noté qu'il y avait une réelle motivation de gestion du tourisme dans la ville. La mairie a mis en place un plan régulateur qui a pour but de freiner, voire stopper les construction touristiques au sein de la commune et de donner des directives de construction (pas d'hôtels de 5 étages, des construction uniquement en adobe...). Elle travaille aussi sur la construction d'un centre d'artisanat Atacamenos. En effet, pour l'instant le centre de San Pedro est envahi par de l'artisanat Bolivien et Péruvien, plus orné et coloré, ce qui ne bénéficie en aucun cas au maintien de la culture Atacaménienne.
Il est clair qu'il est nécessaire d'avoir une politique de gestion du tourisme car pour l'insant le centre de la ville ressemble à une grand rassemblement d'entreprises étrangères qui se font beaucoup d'argent sur le territoire des communauté. Le système des entrées payantes, reversées aux différentes communautés, pour chaque site visité n'a été instauré, en moyenne, qu'il y a deux ans et demi. Auparavant aucun bénéfice ne revenait aux communautés, alors que les sites remarquables sont sur leurs terres ancestrales!
Nous avons également eu une entrevue avec la vice-présidente du Conseil du Peuple Atacamenos, qui représente 26 communautés (ou Ayllus) de la commune de San Pedro de Atacama. Rosa, un petit bout de femme d'un mètre 60, était encore plus engagée dans la défense des droits de son peuple, voire extrémiste pour certains côtés. Le Conseil met tout en oeuvre pour prendre part aux décisions touchant les communaut´s Lican Antay de la région (participation à la rédaction du plan régulateur...). Il a, par exemple, réussi à faire entendre que les momies exposées dans le musée archéologique de San Pedro, mondialement connu, devaient être remise dans un caveau, à l'abris des regards des touristes (pour eux, c'est une violation de les exposer). Le Conseil organise en février prochain un congrès réunissant l'ensemble des Ayllus afin de rédiger un livre de doléances de son peuple (récupération des terres ancestrales et de leur titre d'appartenance, gérance de l'eau, non mise en place d'une usine hydroélectrique sur les site des geysers de Tatio qui pourrait affecter la faune et la flore)...
On a l'impression que de nombreux membres du peuple Lican Antay mettent tout en place pour protéger leurs ressources, naturelles et culturelles.
Sinon, nous en profitons pendant nos temps libres pour découvrir la région et il y a de quoi faire! Nous nous
sommes levés à 6h du matin (pour éviter les grandes chaleurs) pour parcourir 30 km à vélo et découvrir la vallée de la lune. Un site lunaire, comme son nom l'indique... A cette heure-ci, on a pu éviter tous les touristes et gravir la dune de sable qui offre une vue magnifique sur le site. Par contre, étant donné que nous ne sommes pas les rois du 2 roues, on ne vous parle pas de nos fesses et de nos muscles le lendemain...
Nous avons aussi traversé la vallée de la mort un soir (toujours à vélo, on en redemande!) pour admirer un superbe coucher de soleil.
Ha ces Atacamenos, ils choisissent pas n'importe quel endroit pour s'installer...
Et pour les soirées, il y a Roberto, le gérant de la maison oú on dort, et c'est pas un touriste!
On a donc eu le droit, dès le premier soir, à une peña andine (fête de village avec des flûtes de pan...) et c'était bien sympa. Le soir suivant on a eu le plaisir de faire un asado (barbecue) avec plein de viande!! Ca faisait longtemps qu'on en avait pas mangé autant!
Après qques soirs de répit, ce soir c'est soirée "sopailpilla", sortes de beignets frits...
A plus
08 octobre 2006
San pedro et l'initiative Lican huasi
Nous sommes arrivés dans la région de San Pedro de Atacama il y a 3 jours et nous avons fait beaucoup de
nouvelles découvertes surprenantes et magnifiques ! Arrivés à San Pedro de Atacama jeudi, nous sommes directement allés voir Juan Dias Martinez, l’administrateur d’un réseau de tourisme rural dans des communautés Atacameniennes de la région, La Red Lican Huasi (on vous en parlera plus precisement plus tard).
La Conadi (Corporation pour le développement indigène) a fourni des fonds à 5 communes intéressées par la mise en place d’une activité touristique, pour construire des logements, en accord avec l'architecture du coin (adobe à San Pedro, pierres volcaniques à Socaire...), prêts à accueillir des touristes. A l’heure actuelle l’activité touristique des communautés se réduit au logement et à des repas typiques, cependant chaque commune essaye de trouver une activité propre (ballade, démonstration de l’art du tissage traditionnel…) pour mettre en avant des éléments de sa culture tout en découvrant les merveilles de cette région. Leur but n’est en aucun cas d’attirer un maximum de touristes mais plutôt d’accueillir ceux qui portent un intérêt certain à une autre culture et à la nature. Ils veulent éviter un tourisme de masse qui pourrait détruire leur environnement et bouleverser l’équilibre dans leur communauté, comme c’est le cas dans San Pedro. 
Après la présentation du réseau, nous avions déjà pris rendez-vous avec Juan pour partir le soir même pour Peine, une communauté de 400 habitants Atacamenos au Sud du Salar d’Atacama. Peine se situe à 2500 m d’altitude et donne sur le Salar.
Le lendemain, lever 6h pour tester une ballade sur le Salar avec Juan et Oriana (l’administratrice du site de
Peine). Le but de la balade est de refaire le circuit que faisaient les Anciens Atacamenos de Peine pour extraire le sel du Salar : une balade à la fois « Nature » et culturelle, puisque Oriana connaît très bien sa culture et souhaite la faire partager. 6h de marche en tout pour découvrir un univers de sel et une lagune magnifiques.
La « lagune salée » (Laguna Salada) est peuplée de flamands de trois espèces (James, Andins et chiliens) qui s’y reproduisent. Nous avons pu observer quelques nids anciens et un vieil œuf. Lors de ce test de sentier (il n’y avait aucun chemin, seulement quelques kern de sel), Oriana nous a donné de nombreuses informations sur la région et ses habitants. Plusieurs montagnes aux alentours sont sacrées pour les Atacamenos. Chaque communauté est délimitée à partir de ces différents sommets. A priori, les communes peuvent paraître grandes mais lorsqu’on s’intéresse aux terres exploitables, on se rend vite compte qu’il n’y en a pas beaucoup (Les terres manquent souvent d’eau pour être cultivées). La communauté de Peine a également pour projet d’aménager un site de peintures rupestres. Ce sont les deux gros projets de la communauté de Peine.


Pour la petite histoire, vous avez failli ne jamais lire ce texte, car au retour Oriana s’est perdue et nous avons fait une bonne partie du retour sans eau vers 12-13h, en zigzagant pour retrouver « le chemin ».
Le lendemain, nous sommes partis pour Socaire, une autre communauté de 300 habitants à 3500 mètres d’altitude. Elle offre une vue impressionnante sur les volcans aux alentours et sur le Salar. Pour l’instant, la communauté fournit seulement logement et couvert (plats typiques) aux touristes qui se rendent aux lagunes de Miñiques et Miscanti à 45 minutes en bus du village.
Elle teste actuellement des marches à dos de mulets ou de lamas aux alentours de la communauté en passant notamment par des ruines. Après
avoir discuté avec les gérants, nous avons fait du stop pour nous rendre aux lagunes de Miñiques et Miscanti (il n’y a que des tours opérateurs qui s’y rendent). 
On a eu la chance de tomber sur un bus de lycéennes qui s’y rendaient. Balade gratuite, avec une troupe de Chiliennes en crise d’adolescence (même si elles avaient entre 16 et 18 ans)… mais des lagunes, situées à 4200 m, assez magnifiques. Formées des eaux de la fonte des glaces des volcans Miscanti et Miñiques, elles font parties des zones pastorales de la communauté de Socaire.
Pour redescendre de la petite communauté agricole, nous sommes tombés sur un groupe d’Allemands du 3eme âge vivant à Sao Paulo (le prochain bus collectif ne passant que 3 jours après, on a saisi l’occasion). Ce qui nous a permis de visiter l’oasis de Toconao, avec ses arbres fruitiers sortis de nulle part. On voit l’importance extrême de l’eau chez les atacamenos dans ce village, qui vit de l’activité maraîchère grâce à un réseau de canaux géré par une coopérative, délivrant l’eau à toutes les petites parcelles en terrasses. L’eau possède une grande symbolique pour le peuple Atacameno. Chaque communauté organise une fois par an une cérémonie implorant aux sources d’eau et aux cerros (collines) les entourant de continuer à leur fournir de l’eau.
05 octobre 2006
moitié nord du Chili, arrivée en terres Atacaméniennes
On vient de commencer un travail s
ur les relations entre le tourisme et le peuple Atacameno dans la zone mondialement connu de San Pedro deAtacama. On a déjà rencontré un anthropologue passionné par ce peuple et son histoire, et une femme de la CONAF (ONF chilienne) qui s’occupe de la gestion des parcs naturels et du tourisme avec les communautés d’Atacamenos.
Il faut savoir que ce peuple ne compte plus que 5000 représentants dans la région d’Antofagasta, dont 3500 vivent vers San Pedro d’Atacama. D’autres Atacameniens habitent l’Argentine et le Sud de la Bolivie. En effet, le désert d’Atacama, qu’ils peuplent notamment (ils habitent aussi la cordillère des Andes et la Puna méridionale), est situé à cheval sur ces trois pays.
Cette fois, on va essayer de vous faire une rapide description de ce peuple avant de vous parler des projets qu’ils mettent en place :
Atacamenos signifie en kunza (leur langue) « les habitants du territoire ». On les appelle aussi les Likanantai ou les Kunzas.
Arrivé il y a 10 000 ans, ce peuple se définissait comme un groupe de chasseurs cueilleurs (Le climat n’était alors pas le même qu’aujourd’hui…). Il a ensuite évolué en agriculteur/ éleveur et a réussi à adapter son agriculture au manque d’eau du désert, obtenir des récoltes abondantes. Comme les Quechuas (autre peuple de Bolivie et Pérou) ils ont créé un système de culture en terrasse pour éviter de trop grandes pertes d’eau et la perte d’éléments fertiles. Ils cultivaient du mais, des patates, du quinoa … et fertilisaient la terre avec du guano. Les récoltent étaient transportées à dos de lamas (dont ils consommaient d’ailleurs aussi la viande et utilisaient leur peau et leur laine pour se faire des vêtements) vers d’autres communautés de l’altiplano ou des vallées.
Les Atacaméniens ont développé un artisanat en céramique. Ce fut également le premier peuple à utiliser le cuivre de Chuquicamata et l’or d’Inca Huasi.
Aujourd’hui la structure et l’organisation des communautés (qui vivaient jusqu’alors de l’activité agricole) s’est modifiée avec l’apparition d’un tourisme assez intensif…
Voilà une première description de ce peuple !
25 septembre 2006
derniere semaine à Temuco
Encore de nouvelles organisations rencontrées ! Cette semaine nous sommes allés à la rencontre de la FUNDECAM (Fondation pour le développement des paysans mapuches), une organisation travaillant avec plusieurs communautés Mapuches sur différentes thématiques : l’agro-écologie, le respect et la promotion de la culture mapuche… Nous avons discuté avec un anthropologue et le directeur de la fondation. La Fundecam a un concept très intéressant de « développement endogène » : elle n’intervient qu’au sein des communautés qui ont préalablement fait appel à elle et soutient des projets qui émanent de la volonté des habitants. L’organisation part du principe que c’est à la communauté de choisir et de mener des projets ; la fundecam ne fait qu’accompagner ces dernières et ne cherche pas à imposer un quelconque projet.
Elle a également aidé la mise en place d’une école dispensant des cours de culture mapuche (langue, danses…) en plus des cours habituels.
Le lendemain, nous nous sommes rendus dans l’atelier de tissage et de tricot (petite ruka en bois au centre de laquelle brûle un bon feu de bois) de 16 femmes (toujours mapuches). Nous assistions à la réunion habituelle du samedi où elles se retrouvent pour discuter tout en travaillant. Leur organisation n’existe que depuis trois ans et n’a pas encore de débouchés commerciaux importants. Les femmes utilisent de la laine de mouton qu’elles filent et teignent elles-mêmes. Elles cherchent les plantes, leur permettant de teindre la laine, par petits groupes, dans les bosquets environnants. Ces instants partagés entre femmes leurs permettent de se souder, de se libérer de leurs soucis quotidiens et de « changer d’air » (elles sont toutes femmes au foyer). Elles essayent sans arrêt de trouver des nouvelles teintes.


Une fois de plus, nous avons été invités à partager un repas copieux avec elles dans la joie et la bonne humeur. Christophe a même dansé la cueca avec la fille de la présidente ; épisode assez comique qui a bien fait rire les femmes !
Un petit groupe de femmes motivées mais pas très organisées, qui souhaitent à travers le tissage trouver un revenu et promouvoir leur culture Mapuche.
En fin de semaine, nous nous sommes rendus à Valdivia, haut lieu touristique, avec ses pêcheurs, ses forts espagnols et son mauvais temps mythique. Pourtant, nous n’avons jamais eu de pluie…
Outre les nombreux forts présents dans la région, l’attraction far de Valdivia est la troupe de lions de mer qui a pris domicile sur les rives du fleuve traversant la ville. Ces grosses loques viennent trouver leur nourriture au marché de produits de la mer, qui rejette toutes les carcasses de poisson dans le fleuve. Impressionnants en poids, les lions de mer sont aussi impressionnants par leur laideur ; on dirait des porcs de mer…
Sinon, nous prenons le bus pour Santiago dans la nuit de lundi, pour nous rendre a`un rendez-vous avec un membre de la cepal, branche de l'ONU, qui développe un programme d'aide aux peuple autochtones...tout un programme...
08 septembre 2006
La corporacion Kom Kelluhayin, un exemple de motivation...
Jeudi, nous avons rencontré les dirigeants (tous agriculteurs) de la corporation Kom Kelluhayin dont Hector est actuellement le président. Cette corporation est issue d’une organisation d’agriculteurs, créée sous le gouvernement de Pinochet pour faire face au manque d’aide du gouvernement et de la région. La corporation regroupe 11 sous organisations (qui correspondent à peu près à des communautés) composées d’environ 250 familles paysannes à 90 % Mapuches.
La corporation met en place de nombreux petits projets dans le but de valoriser la culture et les savoirs Mapuches, de protéger l’environnement et de trouver des alternatives à l’exploitation actuelle abusive de ressources naturelles (plantation d’arbres natifs à la plce des pins…). Nous avons été impressionnés par leur volonté de conservation de la biodiversité et l’importance qu’ils lui donnent. En y réfléchissant de plus près, c’est normal, car la vie et la culture Mapuche sont intrinsèquement liées à la terre et la nature.
C’est également impressionnant de voir avec quelle détermination et quel professionnalisme (la présentation de leurs produits est très bien faite), ils s’impliquent dans le fonctionnement de la corporation alors qu’ils n’ont que très peu d’aide extérieure, qu’ils prennent sur leur temps de travail aux champs et qu’ils investissent beaucoup de leur argent. Chapeau bas.
Actuellement ils louent un petit magasin à la municipalité très bien agencé dans lequel ils vendent les produits des membres : épices, herbes, café de blé (oui ça existe), produits alimentaires mapuches (œufs bleus de poules « ancestrales » élevées au grain, produits transformés de graines de différents arbres qui sont très bons, on a pu en goûter !!), vêtements, pelotes de laine, objets en bois décoratifs ou utilitaires… Que de bons produits. S’il y a bien un magasin dans lequel acheter des
souvenirs à Villarica, c’est bien dans celui là.
Pour ceux qui seraient un jour dans le coin : Corporacion Kom Kelluhayin, Pedro de Valdivia 542, Villarica / 045-410371 / www.ze.cl/komkelluhayin).
On fait de la pub mais ça vaut le coup !
Winkul Ruka, un projet touristique à encourager
Hola !
Nous voilà de retour à Temuco (capitale de la région IX du Chili) pour1 journée.
Nous sommes allés à Villarica et ses alentours pour rencontrer une communauté Mapuche qui développe un site de tourisme rural : la Winkul Ruka (la ruka est la maison traditionnelle Mapuche). Pour y arriver, il faut marcher pendant une petite demi heure, en montée avec les sacs. Christophe ressemblait à une grosse éponge trempée !
La communauté est en fait composée de 5 familles issues de la même famille (le père, ses deux fils, ses deux filles et une tante, sachant que tous les frères et sœur ont des enfants et que ça fait pas mal de monde à la fin !!).
Accueillis dans une ruka avec des sopaipillas (galettes de blé frites, genre beignets trop bons) et de la confiture de framboise maison (enfin de la vrai confiture non chimique, ça fait du bien aux papilles !!!), nous avons discuter avec les deux sœurs, le père, Hector et sa femme du projet touristique. Un accueil vraiment chaleureux, des gens super sympa pour un projet qui semble pas mal ! Ensuite nous avons fait une ballade sur le cerro Calfutue (petite colline dont une frange appartient à la famille) qui permet de voir un exemple de paysage champêtre du Chili.
Lors de la ballade Hector nous a montré des plantes médicinales utilisées par les mapuches et nous a parlé des problèmes rencontrés par son peuple : manque de terres, exode rural, pas de
reconnaissance en tant que peuple mais seulement en tant qu’ethnie, pas de possession de ressources en eau car au-delà d’une profondeur de trois mètres la terre n’est plus à eux mais à l’état, problème de biodiversité car la forêt native est remplacée par des monocultures de pins et eucalyptus qui ruinent les ressources d’eau (à tel point qu’au printemps, certaines communautés doivent être ravitaillée par des camions citerne !)…

Ses sœurs nous ont montré l’artisanat qu’elles produisaient. Elles sont très dynamiques car en plus des produits typiques, elles font un travail assez important dans la création de nouveaux produits plus modernes (jupes avec des design modernes, châles…).
Après la ballade, efforts récompensés ; une bonne casuela faite maison nous attendait dans la ruka. On a bien apprécié, surtout avec des sopaipillas.
Quelques mots sur le projet touristique :
A 40 minutes de Pucon seulement (la ville la plus touristique, dans le mauvais sens, on se croirait dans une grosse station de montagne pour riches : magasins north face, bars branchés…au secours), ce projet offre une alternative très intéressante et « rafraichissante ». Même si à l’heure actuelle, ils ne peuvent pas accueillir plus de 4 personnes, il est toujours sympa de venir une journée pour découvrir la culture mapuche sans folklorisation et les paysages ruraux du Chili à côté desquels on peut passer sans faire attention. Et puis ; c’est toujours mieux de payer une communauté solidaire d’agriculteurs (car ils le sont encore tous) qu’un hôtel aux fonds étrangers. Si le projet n’est pas encore tout à fait terminé, ça vaut le coup de passer un moment en leur compagnie. Par contre ils ne parlent que l’espagnol !
05 septembre 2006
La Fondation Solidarité Chili : une fondation née du travail des Hommes
Nous avons rencontré Winnie Lira, de la Fondation Solidarité Chili, qui nous a parlé, en toute humilité de la fondation qu'elle a créée, sous la dictature Pinochet
Une solidarité née de l’enfer de la dictature
En pleine dictature, sous Pinochet, plusieurs organisations religieuses sous couverts de la croix rouge internationale se préoccupaient des prisonniers politiques enfermés dans des prisons ou des camps. Ces hommes et femmes, de toute origine sociale, remerciaient les bénévoles de l’aide qu’ils leurs apportaient, de leur soutien moral…mais les prisonniers possédaient une préoccupation très précise et à la fois tellement insignifiante à première vue, celle de « faire quelque chose avec nos mains ». Outre la soif, la fin, la souffrance de ne pas voir leur famille…ils souffraient de devoir rester debout sans rien faire pendant des heures sous l’ordre de quelques officiers, souffraient de ne rien effectuer durant des journées entières.
Ainsi, sous l’impulsion d’une bénévole de l’organisation religieuse, Winnie Lira, une activité artisanale vit le jour aux seins des prisons de Pinochet.
Dignidad hecha a mano
Après avoir évoqué l’idée de fabriquer des objets pour les vendre lors d’une visite quotidienne, Winnie Lira fut époustouflée lorsque, dès la visite suivante, les prisonniers lui présentèrent des objets réalisés à partir d’os récupérés de leurs repas et de bouts de ficelles pris directement de leur vêtement. L’envie de réaliser quelques objets que ce fût était beaucoup plus forte que celle de garder leurs vêtements intègres. En créant avec leurs propres mains, ils retrouvaient un peu de leur dignité perdue dans les geôles des prisons.
Puis le vicariat de la solidarité, qui prit en main cette activité, réussit à introduire des matières premières et des outils de travail au sein des prisons (grâce à la puissance de l’église catholique au Chili, dont dépendait le vicariat). Les prisonniers travaillaient régulièrement. Le vicariat se chargeait de répartir l’argent, qu’ils auraient du percevoir des ventes de leurs produits, selon les indications des prisonniers eux-mêmes. L’argent était souvent destiné aux proches, aux amis… Même en prison hommes et femmes firent acte d’une solidarité impressionnante envers les personnes, libres, certes, mais qui souffraient également de la dictature.
En 1990, avec la fin de la dictature, l’institution, qui comptait quelques 250 personnes ferma ses portes puisqu’elle n’avait plus raison d’exister.
Cependant deux groupes qui la constituaient continuèrent indépendamment à travailler dans leur domaine.
La partie juridiction sous le vicariat avait amassé énormément d’informations juridiques sous la dictature (plus de 2000 Habeas Corpus). Son action permit et permet aujourd’hui encore de juger les tortionnaires de l’ancien régime.
La partie de commercialisation, qui prit le nom de Fundacion Solidarite Chile, continua son action en se tournant vers un autre groupe de personnes en difficulté : les femmes et les enfants des quartiers pauvres de la ville de Santiago de Chile et de quelques communautés Mapuches. La nouvelle démocratie n’avait pas effacé la pauvreté… Aujourd’hui 20% de la population chilienne est encore considérée comme pauvre.
aujourd’hui, une entreprise solidaire
Après 31 ans d’existence,
Les deux visions principales de la fondation sont de retrouver la dignité grâce au travail et de collaborer pour vaincre la pauvreté.
542 artisans travaillent actuellement avec
la Fondation la Fondation
Lorsque des nouveaux groupes se présentent à
doit faire face à une demande toujours plus grande de travail et instaure une liste d’attente.
Elle est membre de l’IFAT depuis 15 ans. Les ventes de produits artisanaux se font principalement avec des centrales d’achat du monde entier mais aussi avec des écoles locales (qui s’intéressent grandement aux jeux d’éveil pour enfants).
Les ventes ont commencé à baisser il y a douze ans avec l’avènement de la concurrence chinoise. Afin de lui faire face, les artisans ont fourni un travail important dans l’élaboration de produits correspondant d’avantage aux marchés du nord ce qui leur a permis de redynamiser les ventes depuis trois ans. L’objectif principal de la fondation est défendre et d’aider les personnes en difficulté et non de conserver à tout prix la culture traditionnelle.
Les produits fabriqués : Arpilleras (tentures réalisées à partir de bouts de tissus représentant dans un style naif, des scènes de la vie quotidienne avant, pendant et après la dictature), bijoux (colliers, boucles d’oreille…), sculpture en bois, objets décoratifs en pierre, cartes postales et jouets (poupées traditionnelles mapuches, marionettes…)
La Fondation
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la Fondation. Ce
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La Fundacion Solidaridad
31 août 2006
Corporacion Lonko Kilapang
Buenas,
Hier nous avons rencontré le directeur, Mauricio Huenchulaf de la Corporation Mapuche Lonko Kilapang dont l’objectif principal est de promouvoir et d’appuyer le développement des familles et des communautés Mapuches. Elle a été fondée en 1986 et est constituée d’une équipe multidisciplinaire de professionnels et techniciens Mapuches (ingénieurs agronomes, techniciens agricoles, ingénieurs forestiers, vétérinaire, assistante sociale, anthropologue, professeur interculturel, avocat…). La corporation travaille avec 120 communes de la région tout au long de l’année sur des thèmes aussi divers que la gestion des territoire, de l’environnement, des droits des peuples indigènes, de l’organisation de fêtes Mapuches...
Cette rencontre fut très intéressante car le directeur, qui est lui même Mapuche, a pu nous faire vraiment mieux cerner les problèmes que rencontrent les Mapuches dans la région de l’Auraucania. Il n’est pas seulement question de récupération de terres (comme on peut le voir dans les journaux télévisés), il faut aussi considérer les enjeux politiques, la manière de vivre des Mapuches qui est très étroitement liée à la terre (tant pour l’agriculture d’autoconsommation, pour la récolte des plantes médicinales…), leurs croyances religieuses...
Une petite ONG qui fait un bon travail au sein des communautés Mapuches. Exemple à suivre…
Pour plus d'infos: www.lonkokilapang.cl -ils prennent apparemment qques stagiaires, pour ceux qui sont intéressés...


























