11 novembre 2006
Semaine Bermejito – Nouvelle Calédonie

Nous sommes restés une semaine de plus dans le Chaco, afin de découvrir quelques projets concernant la culture Toba et de discuter avec un groupe de kanaks (peuple originaire de Nouvelle Calédonie) perdus à Bermejito !
Nous avons passé beaucoup de temps avec ce groupe francophone qui est venu faire un échange interculturel avec les Tobas. Ici c'est le rythme des îles (musique : « chaud chaud chaud sous les cocotiers » même s’il n’y en pas ici, danses très guerrières…).
Les Kanaks enseignent aux Tobas leurs savoirs faire (sculptures en tout genre, construction d’une case, artisanat…) et vice versa. Ils ont organisé une soirée danse kanaks/danses Tobas, faisant ressurgir celles des Tobas qu’ils avaient dû oublier.
Lors de l’évangélisation, les curés interdisaient en effet la pratique de ces danses jugées diaboliques tout comme l’expression de leur culture par le biais de chants traditionnels. Pendant très longtemps ils (que ce soit homme, femme ou enfant) ont servi de main d’œuvre bon marché dans les champs de coton.

Les Kanaks veulent aussi montrer aux Tobas qu’un peuple qui a subi la colonisation peut retrouver sa culture et son identité et peut en être fier. Ils veulent leur faire prendre conscience qu’ils peuvent vivre de leur travail et non des subsides extérieurs ce qu’ils ont un peu trop tendance à faire.
Du coup on apprend beaucoup sur la Nouvelle Calédonie, le peuple Kanak et leur culture… On a bien envie d’aller faire un tour là bas !
Nous sommes aussi allés au CEREC, une école existant depuis 20 ans dont l’objectif est de dispenser des cours bilingues (toba/espagnol) et des cours de culture Toba aux enfants Tobas des différentes communautés environnantes. C’est la seule école de cette région qui mette en valeur la culture Toba.
Mis à part les cours de mathématiques, d’histoire (…), les filles suivent des leçons d’artisanat et de cuisine et les garçons des leçons de menuiserie, d’apiculture et de jardinage respectant leurs traditions. Ils réapprennent aussi à préparer des médicaments et des pommades médicinales à partir de plantes récoltées dans la forêt.
On a essayé de s’initier au tissage, c’était pas vraiment concluant même si l’envie y était !!!!
Le système d’enseignement de ce centre présente plusieurs singularités par rapport aux écoles habituelles. Il y a par exemple deux professeurs par classe, un Toba et un Espagnol. Les enfants tobas qui ne parlent que cette langue chez eux, ont ainsi moins de mal à suivre les cours en espagnol (le professeur toba pouvant faire des traductions) et les professeurs confrontent leurs deux visions selon les thématiques abordées.
Les enfants vont en cours 2 semaines, logeant à l’internat et retournent ensuite dans leurs communautés durant 1 semaine. Ce fonctionnement leur permet d’être présents à chaque cours (ils ne manquent plus l’école les jours de pluies, faute de transport à cause de la boue) et de ne plus arrêter leur apprentissage en cours de route faute d’école près de la communauté.
L’école propose de plus des cours allant de la primaire à la fin du collège, ce qui permet aux élèves de recevoir une éducation complète adaptée aux jeunes Tobas.
Les frais de scolarité, d’internat et d’alimentation sont payés par le ministère de l’éducation, des ONG et des organisations de la région ; les parents n’ont plus à se demander s’ils pourront payer les photocopies ou les uniformes des écoles publiques (au CEREC, ils ne portent d’ailleurs pas d’uniforme) !!
Ce système scolaire est vraiment novateur ici et beaucoup plus adapté aux exigences existant dans les communautés.
La fin du programme approche cependant, et l’école entre dans une phase d’état des lieux. Un nouveau projet sera formulé, lors de discussions entre le corps enseignant, les élèves et leurs parents, afin que la formation dispensée corresponde le plus possible avec les réalités des populations rurales Tobas...
Commentaires
Surprise!
C'est étonnant ces échanges culturels! belles rencontres en perspective.
J'aime bien le diaporama Portraits.
A bientôt
Bisous
J'ai eu un petit moment de doute en voyant le titre et la photo: ptètre qu'au final, je devais retourner me coucher ce matin.Et non! j'avais bien lu.
Tout çà doit être encore + dépaysant pour vous et un peu surréaliste aussi, j'imagine.
Bisous à tous les deux et merci pour mon ptit voyage du matin par procuration!
Chloé
kanaks
Ca fait du bien de parler un peu français?
Vous me donnerez des conseils pour mon tatouage kanak !? a bientôt Tic é Tac!
etrange rencontre
c'est etonnant de trouver un groupe de français là où vous etes. le mélange à l'air intéressant. qui sait, peut etre que vous partirez pour la nouvelle-caledonie.
kanaky jusqu'au bout
super vos photos, c'est rop net de savoir que les knks sont aller à la rencontre d'un autre peuple pour la sauvegarde de leur patrimoine culturel chapeau vive l'interculturalité
il y a d'ailleurs un livre qui est issu de cette recontre!!!












