17 juin 2007
Hasta luego Peru, Bienvenidos en Ecuador!
Hola tout le monde,
voilà, après avoir visité un dernier groupe d'artisans de la CIAP, "Hacia el mundo", situé au nord du Pérou, nous avons quitté le pays des Incas pour franchir la frontière équatorienne dans la nuit...Le réveil à 1 heure du mat pour l'immigration a d'ailleurs été assez difficile... On arrive totalement crevés à Loja, notre premier contact avec le pays.
Le pays tourne au dollars, la crise économique de 2000 leur ayant fait abandonner leur devise nationale (le sucre) pour adopter le dollars américain...
Demain on part pour trois jours d'évaluation d'un projet communautaire...en espérant que la pluie ne nous gêne pas trop...
Hasta pronto
14 juin 2007
Vivre au rythme d’une famille de la cordillère blanche, le projet de tourisme communautaire d’Humacchuco
Nous sommes enfin entrés en contact avec le responsable du projet, et avons donc passé trois jours dans une des familles du projet.
La communauté Humacchuco , dont le projet touristique fait partie du réseau communautaire Yachaqui Wayi, se trouve à 1 heure et demi de route de Huaraz, la capitale de l’andinisme, aux abords du parc national Huascaran (Huascaran, nom du sommet le plus élevé du Pérou).
5 familles participent au projet de tourisme « vivencial » dont le but est de vivre avec une famille andine et de partager son quotidien.
Selon les envies de chacun, on peut participer aux récoltes, aider à faire la cuisine, visiter les artisans ou l’école, faire différentes balades (tour de la communauté, ruines pré-incas, laguna 69…)… Un programme sympathique, relaxant, qui peut s’avérer sportif pour les randos.
5% du prix payé par les touristes est destiné à financer des projets pour le bien de toute la communauté. Cependant, le manque de promotion de l’initiative touristique et donc la faible affluence de touristes n’a pour l’instant pas permis la mise en place d’un quelconque projet communautaire…
Nous n’avons pas résisté à l’envie de grimper jusqu’à la laguna 69, située au sein du parc Huascaran… 2 heures de montée, dans un paysage encore une fois magnifique, avec un petit repos bien mérité sur les berges de la lagune, à 4900… et une descente accompagnée de viscaches prenant le soleil…

Le lendemain, visite de ruines Recuay, non loin d’une autre lagune aux couleurs toujours aussi impressionnantes…
Le dernier jour, nous avons participé à la récolte du maïs. C’est agréable de n’entendre aucune machine agricole, mais fatiguant pour ceux qui font ça toute l’année (surtout quand on a 90 ans !...).
On a vécu 3 jours dans un autre monde, avec une très bonne cuisine au feu de bois (le cochon d’indes a une fois de plus été très bon !), des découvertes culinaires (nouveaux types de tubercules, ici on trouve encore une grande diversité…), et on a apprécié l’ambiance paysanne créée par les 4 générations qui vivent sous le même toit.
Une initiative très intéressante permettant de diversifier le revenu des 5 familles ayant choisi de s’investir dans ce projet.
Pour les contacter:
Armando Tito
info@YachaquiWayi.org
www.yachaquiwayi.org
Tel: (0051) 43 95 48 669 (portable)
09 juin 2007
Chavin de Huantar

Nous sommes à Huaraz pour visiter un projet de tourisme communautaire. Enfin nous respirons à nouveau l’air frais des montagnes après avoir quitté Lima. On se croirait presque à Grenoble, la ville étant entourée de la Cordillère Blanche.
Comme le responsable que nous devions rencontrer est introuvable, nous en avons profité pour visiter les ruines de Chavin.
Dans un milieu naturel magnifique, le peuple pré inca Chavin (1000-300 av. JC) a construit un site cérémoniel assez imposant. Une grande partie du site a été détruite lors de diverses coulées de boues mais on arrive bien à se représenter sa structure. Le temple est relativement en bon état et on y découvre un dédale de couloirs dans lesquels on se perd facilement.
Ce peuple a développé un côté artistique assez impressionnant qui a grandement influencer les peuples postérieurs (l’agriculture ayant été simplifiée, les côtés rituel et artistique ont pu se développer à cette époque).
Les sculptures sont particulièrement intéressantes. On retrouve surtout des représentations des dieux de la culture Chavin : le serpent pour le monde souterrain, le puma pour la surface terrestre et le condor pour les airs.
En tout cas Huaraz est vraiment une région magnifique même si elle est entachée de quelques trous noirs, mines perçant la cordillère blanche.
04 juin 2007
Pucallpa
Après avoir fait les dernières interview sur Lima et saturé de sa grisaille, nous sommes partis à la rencontre de familles shipibos vivant à Pucallpa, une ville amazonienne qui de trouve dans la région originelle de ce peuple.
C’était également l’occasion de prendre des photos du lieu d’origine des Shipibos de l’association d’artisans de Lima, pour illustrer le catalogue de leurs produits que l’on est entrain de faire !
Nous y avons rejoint Laurencio, un consultant shipibo avec qui nous avions sympathisé à Lima lors de notre visite de l’association Ashirel.
Lors de notre séjour nous avons pu discerné quelques problématiques régionales :
L’immigration des petites communautés rurales shipibo de la région vers la capitale régionale (Pucallpa) est assez marqué, pour chercher une meilleure éducation des enfants, trouver du travail….
La communauté de Nueva Era, située en bordure de Pucallpa, en est un exemple ; créée il y a un an elle compte déjà 250 familles. Laurencio en est le président.
Quelques unes des familles de la communauté ayant vécu quelques années à Lima pour offrir une meilleure éducation à leurs enfants sont revenus s’installer à Nueva Era, lieu beaucoup plus agréable que le bidonville de Lima. S’il n’y a pas encore l’eau courant et l’électricité (c’est une question de semaines), chaque famille dispose d’une lopin de terre, d’une petite maison
agrémenté d’un jardin où poussent plantes vivrières (maïs, yucca…), médicinales et décoratives. Les propriétés de certaines plantes sont assez étonnantes, l’une rend moins envieux, une autre fait revenir le mari à la maison lorsqu’il est parti, une autre encore apporte la fortune… Rien de tout cela n’existe à Lima.
Nous avons également visité une communauté shipibo plus éloignée de Pucallpa et plus dirigée vers le tourisme ethnique, malheureusement gravement marqué par une certaine folklorisation. Un tourisme commercial où les liens avec les touristes sont plutôt d’ordre achat/vente que de l’échange interculturel.
Nous avons aussi fait de nouvelles expériences culinaires avec la famille de Laurencio ; des piranhas et des bananes plantains grillés au feu de bois… un vrai régal même si trier les arêtes, à la main, à la lueur du feu de bois, en se faisant bouffer chacun des bout de peau à l’air libre par les moustiques féroces, n’est pas toujours évident !
Nous avons aussi fait la rencontre étonnante d’un Français venu étudier le shamanisme pendant un an… Il faisait une diète (un certain type de poisson, pas de sel, pas de sucre, du riz, des bananes plantain vertes, et surtout pas de sexe, car cela nuit à la concentration du futur shaman…) depuis 3 semaines, une des étapes d’apprentissage pour devenir shaman… La prochaine étant de vivre pendant 6 mois seul dans la forêt…tout un programme !
Aidesep, Association Interethnique de Développement de la Forêt Péruvienne
Dans la grisaille d’un Lima hivernal nous avons rencontré Saoul Puerta, chargé de communication de l’Aidesep, organisation péruvienne de défense des peuples autochtones de la forêt.
Au début des années 80, les organisations régionales de trois peuples péruviens (les peuples Asháninka, Shipibo et Awajun) formèrent une association nationale afin de porter les revendications des peuples autochtones au niveau national. L’Aidesep regroupe aujourd’hui 7 sous-organisations régionales réparties dans les trois grandes régions amazoniennes du Pérou, elles-mêmes représentant 57 fédérations et organisations territoriales. Au total 1350 communautés sont représentées par l’Aidesep, soit environ 350 000 personnes réunies au sein de 16 groupes linguistiques.
L’Aidesep fait partie de la COICA (Coordinadora de las Organizaciones Indígenas de la Cuenca Amazónica), organisation internationale, regroupant les associations de Bolivie, Pérou, Equateur, Brésil et de Colombie. La COICA représente l’ensemble des peuples vivant dans le bassin amazonien, au niveau international.
L’organisation nationale péruvienne a mis en place divers programmes portant sur les problématiques suivantes :
- Territoires indigènes, et la lutte pour leur reconnaissance officielle, surtout dans le cas de groupes en isolement volontaire. En effet, il existe aujourd’hui un certain nombre d’individus ayant choisi de rester à l’écart du monde globalisé… Ils n’existent donc pas officiellement et les entreprises pétrolières, aurifères, exploitant de bois empiètent largement sur les territoires ancestraux de ces communautés, mais non juridiquement reconnues…L’Aidesep lutte ainsi pour la reconnaissance de ces territoires par l’Etat péruvien, afin que cessent l’exploitation et la pollution de ces territoires indigènes ; elle a déjà obtenu gain de cause dans certains cas… ;
- Education bilingue, par la formation de professeurs bilingues enseignant dans leur communauté, dans la langue du peuple ;
- Santé indigène, par la recollection des savoirs traditionnels et l’encouragement de l’utilisation de la médecine indienne ;
- La femme indigène, avec la formation de femmes leaders.
Une organisation intéressante et motivée dans la lutte en faveur des droits indigènes
A consulter : www.aidesep.org.pe
17 mai 2007
Trois jours en Amazonie…dans la réserve naturelle de Tambopata
Nous avons découvert, au sud-est du Pérou un projet écotouristique de grande envergure menée par une société de tourisme et une communauté d’indiens Ese’eja, la communauté d’Infierno.
En résumé, les deux parties ont pensé et réalisé un projet de conservation de la forêt amazonienne avec une activité de tourisme communautaire/écotouristique. Des 7000 hectares appartenant à la communauté, 3000 ont été déclarés réserve nationale. La société RainForest a ensuite construit un lodge écologique et administre le lodge Posadas Amazonas.
Aujourd’hui, 60% des bénéfices de l’activité touristique sont reversé à la communauté de Infierno. La communauté, au sein d’un comité de contrôle, choisit la répartition de cet argent ; une partie sert à financer un projet communautaire (école, bibliothèque, système de distribution d’eau, crédit à taux zéro pour les dépenses maladies, études…) ; l’autre partie est distribuée équitablement à chaque famille de la communauté (cette année, les familles ont ainsi reçu 500 $ chacune, ce qui est une sommes assez énorme ici).
De plus, les employés du lodge sont en grande majorité originaire de la communauté.
L’objectif du projet est qu’au bout de 20 années, la communauté gère seule le lodge touristique, tous les bénéfices lui revenant. Ainsi, dans 11 ans, Infierno choisira si elle devient autonome, si elle continue avec RainForest ou si elle change de partenaire.
Le projet touristique a également permis le développement de projets de micro-entreprises : des entreprises de fabrication de jus de fruits de la forêt, de confiture maison, de savons biodégradables, de commercialisation de noix sauvages ont vu le jour au sein de la communauté. Un magasin d’artisanat vendant les produits d’artisans d’Infierno est présent dans le lodge.
Le Lodge est entièrement écologique, avec douche froide (car pas d’électricité !), lampe à pétrole ou chandelle, savons, détergents biodégradables, tri des déchets…afin de laisser dans ce lieu, une empreinte humaine la plus minime possible.
Une menace plane tout de même sur la réserve et le parc national Bahuaja Sonene ; l’autoroute interocéanique passant à 10 km de la zone et reliant la côte atlantique brésilienne à la côte pacifique Péruvienne va bientôt être asphaltée. La facilitation du transit de marchandises entre les deux pays risque d’avoir de fortes répercussions sur les zones protégées aux alentours du fait de l’augmentation du traffic.

Question activité, c’est assez exceptionnel ; tour de 35 m pour voir la canopée de cette forêt primaire, balade sur un lac pour essayer d’apercevoir la loutre géante (en voie de disparition), observation de perroquets et aras sur des falaises argileuses, visite du nouveau laboratoire de plante médicinales qui vient de voir le jour et tour dans le jardin de la communauté dont les plantes sont encore utilisées par un chamane (on y découvre a fameuse ayahuasca, la principale plante hallucinogène que le chamane utilise pour communiquer avec les esprits de la forêt et trouver un remède à ses patients…) … les activités ne manquent pas !
En tout cas on a bien apprécié et le retour à la ville s’avère bien dur !
Un projet communautaire et écologique qui vaut réellement le détour !
13 mai 2007
L'île Khantati, sur les Uros, un projet de tourisme communautaire intéressant
Nous continuons la visite de différents groupes d'artisans faisant
partie de la Ciap. La rencontre avec l'association Chumi nous a mené sur l'île
Khantati, l’une des 40 îles flottantes artificielles des Uros situées sur le
lac Titicaca. Une deuxième expérience sur ce lac situé à 3 800 mètres
d’altitude !
Les habitants de ces îles ont développé un mode vie bien singulier. Ils vivent
sur des îles qu’ils ont construites de toutes pièces grâce à une sorte de
roseaux poussant dans le lac, la totora.
La construction des îles
Les habitants des îles forment la base de leur île avec les rhizomes des
totoras, qui s’entremêlent et
emprisonnent de la terre, formant une plateforme
ancrée au fond du lac. Au bout de plusieurs années la plateforme de totora se
décroche et se met à flotter.
C’est là qu’entrent en jeu les habitants qui sautent à l’eau pour couper les
dernières racines du fond et poussent la plateforme flottante avec leurs
barques vers une autre plateforme. Il ne s’agit plus que de lier les
différentes plateformes entre elles.
La base de l’île est terminée. Cependant le travail est loin d’être fini pour
qu’ils puissent habiter l’île.
Comme les différentes plateformes n’ont pas toutes la même hauteur, il faut
étaler de nombreuses tiges de totora pour les niveler.
Enfin, vient la construction des maisons qui sont surélevées pour diminuer
l’humidité en ajoutant une couche supplémentaire de totora.
Dernière étape, l’attache de l’île à de grands pieux plantés au fond du lac,
afin d’éviter une dérive importune... (Lorsqu’il y a du vent ou du courant).
2 à 3 fois par mois les hommes de l’île coupent de nouvelles totoras qu’ils répartissent
sur l’île afin de conserver un sol agréable, sur lequel marcher !

Le troc
Les habitants de ses îles pratiquent encore beaucoup le troc avec des
communautés des abords du lac. Ils échangent tous les dimanches leurs poissons frais,
séchés ou cuisiné et des tiges de totora contre
des pommes de terre, des céréales (quinoa, avoine, blé…), du chuño et tunta
(patates séchées qu’on peut garder jusqu’à 7 années !) qu’ils ne peuvent
pas cultiver sur leur île.
Le projet de tourisme de l’île
Khantati
9 familles habitent sur l’île. Elles ont chacune construit un logement
pour accueillir des touristes. Les habitants de
l’île ont instauré une rotation
dans l’accueil des touristes afin que chaque famille profite à son tour du
tourisme.
Au lieu de contracter un tour opérateur qui vous fera faire le tour des îles en
quelques minutes, il est beaucoup plus intéressant de se rendre sur cette île
et de partager une journée et une nuit avec ses habitants. Ils proposent des
activités de pêche, de coupe de totora, d’observation d’oiseaux sur le lac
(comme ils ne se déplacent qu’en barque sans moteur, on voit beaucoup plus de
choses et tout est beaucoup plus calme)… et mitonnent de succulents petits
plats ! On découvre leur mode de vie, le fonctionnement administratif des
îles, apprend quelques mots en Aymara (en effet la zone du lac titicaca est une
zone peuplée par les Aymaras).
Passer une nuit sur l’île est aussi beaucoup plus agréable que de séjourner à
Puno.
Actuellement, ils mettent en place un réseau de tourisme communautaire avec d’autres
communautés de la région et de Cusco.
L’artisanat du groupe Chumi
Le groupe Chumi faisant partie de la Ciap vend des produits à base de totora
(mobiles…), des tissus brodés représentant des scènes de vie sur l’île.
Ils font sécher les tiges de totora de différentes manières selon la couleur
qu’ils souhaitent obtenir… Ils obtiennent des totora vertes, noires en passant
par le rouge. Les hommes font des objets en totora, les femmes travaillent
totora et brodage.
Une journée très sympa, très informative, dans un cadre magnifique, même si le
tourisme de masse des agences punéniennes enlaidissent quelque peu le
paysage…dommage !
08 mai 2007
Ichimay Wari, un des groupes de la CIAP
La CIAP
Voilà, nous avons commencé depuis quelques temps un petit reportage sur la CIAP (centrale interrégionale d’artisans du Pérou), une organisation qui a vu le jour en 1992, avec 5 membres et comme objectif d’améliorer les conditions de vie des artisans péruviens. Aujourd’hui elle compte 19 membres (groupes d’artisans) répartis dans tous le pays. Nous sommes donc allés visiter un de leurs groupes à une quarantaine de km de Lima, Ichimay Wari.
Ichimay Wari
C’est une organisation qui regroupe aujourd’hui 19 ateliers, familiaux en général.
De nombreuses personnes originaires de la région d’Ayacucho (au sud-est de la capitale), ont immigré à Lima durant les dernières décennies pour diverses raisons, mais souvent pour les violences du sentier lumineux et des militaires dans les années 90. Cette petite population ayacuchenienne a au fur et à mesure émigré vers la périphérie de la capitale, dans la ville de Lurin. Là ils ont construit leur quartier, avec des habitations bien sûr, mais également des ateliers d’artisanat. En effet, Ayacucho est une région très connue pour ses spécialités artisanales et de nombreux artisans ont immigré à Lima.
Les artisans du quartier s’organisent rapidement en groupe afin de lutter contre les entreprises intermédiaires et leurs prix excessivement bas, mais c’est en 1999 qu’ils officialisent leur association qu’ils nommèrent Ichimay Wari.
Petite digression sur le nom :
Ichimay : du nom « ichimas », habitants pré-Incas de Lurin
Wari : leurs ancêtres, peuple ayant vécu vers Ayacucho.
Ichimay Wari découvre la CIAP en 2000 et souhaite se joindre à l’organisation. Ils y parviendront non sans mal car un des groupe déjà incorporé à la CIAP, réalisant plus ou moins les mêmes produits, était rétissent à son entrée, de peur de perdre des commandes.
Aujourd’hui, l’association est l’un groupe les plus performant de la CIAP. Le travail avec cette association leur a été très bénéfique du point de vue organisationnel ; en effet ses membres ont suivi de nombreuses formations délivrées par la CIAP qui a permis d’améliorer la solidité et le fonctionnement d’Ichimay Wari. Au niveau commercial, les commandes de l‘organisation mère atteignent environ 10 % du CA d’Ichimay Wari. Les artisans, organisés rapidement ont su trouver de nombreux clients autres que la CIAP (vers les Etats-Unis, le Mexique…ces pays étant plus demandeurs en produits religieux), ce qui leur procure d’avantage de solidité (ne pas mettre les œufs dans le même panier…).
Les produits d'Ichimay Wari
L’association possèdent trois types d’artisanat qui sont des specialites tres anciennes de la region d'Ayacucho:
- les « retablos », ou cadres décorés de personnages en poterie, exposant des scènes religieuses ou du quotidien ;
- la céramique, utilitaire ou décorative ;
- les tissus ayacuchanos, tissés à main selon la tradition ayacuchenienne.
02 mai 2007
Le festival international de Ciné et vidéo des peuples indigènes

Nous sommes allés voir un festival de films de peuples autochtones à Lima, organisé par CLACPI (Coordinatrice Latino-Américaine de Ciné et communication des Peuples Indigènes). Ce festival regroupe une quinzaine de films réalisés par des personnes originaires d’un peuple autochtone d’Amérique Latine. Un indigène filmant son peuple, avec sa vision, et non celle d’un réalisateur occidental…
Si les courts-métrages (de 10 à 50 minutes) que l’on a vu ne sont pas tous de la même qualité, ils traitent de sujets très différents et tous aussi intéressants les uns que les autres : pollution due à une exploitation pétrolière dans la forêt amazonienne péruvienne, la résistance et situation des femmes au Mexique et en Bolivie, les conditions de travail en Bolivie…
Le dernier jour de projection s’est terminé par quelques commentaires assez intéressants de la part du public et des participants, sur la place des peuples indigènes dans la société actuelle en proie à la globalisation, la conservation de leur culture…
La volonté du festival était de montrer les différentes cultures du continent latino-américain et leurs problématiques. Il s’agissait également de s’interroger sur la façon pour ces peuples d’être reconnus comme identités à part entière dans la société, et de concilier leurs cultures à la société moderne.
Une initiative très intéressante qui montre une fois de plus la volonté de nombreux peuples de s’exprimer.
27 avril 2007
Ashirel, l’Association d’artisans Shipibos Résidents à Lima ; une organisation impressionnante par la volonté de ses membres.
Nous arrivons dans la banlieue de Lima accompagné par Robert, un jeune shipibo de la communauté. Nous passons le marché aux fleurs coincé entre deux voies rapides, puis traversons le marché de la plomberie pour arriver dans le quartier bidonville de la communauté shipiba située non loin d’une communauté andine. Depuis, d’autres familles de 10 communautés différentes les ont rejoint et composent aujourd’hui une vraie communauté shipiba d’une centaine de famille, dans la banlieue de Lima.
Là, les femmes nous reçoivent sans aucune timidité et le contact s’établit très rapidement (contrairement aux autres groupes de femmes que nous avions rencontrés en Bolivie, plutôt très timides, avec lesquels le contact ne commençait à s’établir qu’au bout d’une semaine.). Peut-être est-ce du à l’organisation matriarcale de la société traditionnelle shipiba ?...
L’une d’elles nous raconte l’histoire du village shipibo.
Dans la zone Est du pays (zone de forêt tropicale, territoire du peuple Shipibo),
le système éducatif est défaillant et l’artisanat shipibo très commun. L’offre de cet artisanat traditionnel est importante, souvent plus que la demande des touristes. Ainsi, en 2001, dix familles d’une communauté Shipibo ont choisi de s’installer dans un quartier pauvre de Lima pour essayer d’améliorer leur niveau de vie en cherchant un marché plus porteur et une meilleure éducation pour leurs enfants.
Les femmes et les hommes se sont très vite organisés en association d’artisans.
Ils reviennent dans leurs anciennes communautés pour récolter les nombreuses graines que les femmes utilisent pour les bijoux, les écorces et les pigments naturels qui leur servent à teindre leurs tissus et à peindre, et quelques nourritures de la forêt (nous avons pu voir des piranhas séchés venant de leur communauté…).
A Lima, les femmes laissent marcher leur imagination pour fabriquer, en harmonie avec leur culture shipibo, colliers, bracelets, boucles d’oreilles, instruments rythmiques, tissus divers, vêtements… Certains hommes peignent par exemple les visions du chamane lorsque celui-ci consomme des substances hallucinogènes (pour avoir les mêmes visions, les peintres en prennent également. Il parait qu’à partir de 20 minutes après la prise de ces substances un voyage de 4 heures commence.). Leurs créations sont réellement impressionnantes.
Ils essayent également de trouver des marchés. Leur recherche de débouchés n’ayant pas encore porter leurs fruits, les femmes se contentent pour l’heure d’arpenter les rues de la capitale péruvienne pour vendre à la sauvette leurs colliers et bracelets de graines.
Les femmes nous content ensuite les problèmes qu’elles rencontrent dans leur recherche de marché et lors de la vente dans la rue.
Certains péruviens peu scrupuleux viennent dans leur communauté de Lima pour leur faire miroiter des débouchés intéressants et demandent des échantillons des différents produits qu’elles proposent, gratuitement…et bien sûr elles n’entendent plus jamais parler d’eux par la suite…
Dans la rue, les gens font souvent la remarquent qu’elles n’achètent pas leurs graines, mais les ramassent dans la nature ce qui ne justifie pas le prix des produits…finalement elles vendent leurs produits beaucoup moins cher que les prix initiaux, histoire de ne pas rentrer les poches vides (par exemple il leur est déjà arrivé de vendre un collier à 0,50 soles soit 0,06 centimes d’euros au lieu de 10 soles!!! On est encore bien loin du commerce équitable).
Pourtant, les minuscules maisons résonnent des rires des enfants et de la joie de vivre de ses habitants. Grands et petits sont fiers d’être ici ; les jeunes étudient, les adultes travaillent à la ville tout en gardant leur culture shipibo, leur amour pour la nature et plus particulièrement leur forêt, qui leur permet en partie de vivre de ses fruits…
Vous pouvez acheter certains de ces produits en France par l'intermediaire de l'association Voies du Perou qui travaille avec l'association Ashirel et fait la promotion de produits issus du commerce equitable : www.voiesduperou.org.
Pour ce faire contactez Javier Jara Cruz au mail suivant : infos@voiesduperou.org
























