11 avril 2007
La Paz, derniers jours en Bolivie
Après un dernier rendez-vous avec le commercial de
l’organisation Anapqui (producteurs de quinoa équitable), et les fêtes de
Pâques passées à La Paz, nous allons quitter la capitale et la pays pour
rejoindre le Pérou. 26 heures de bus nous séparent de Lima…ça va être long…
On quitte le pays la larme à l’œil, en pensant à ses salades de fruit énormes,
les odeurs de la rue de la sorcellerie, ses rues en pente (vive le souffle à
3000 mètres…c’est bon, on est entraîné pour les J.O.), ses multiples patates
(impressionnant, si si on vous le jure !!), et la vie trépidante de la
capitale…
La Bolivie est le premier pays que l’on visite dans lequel les peuples
originaires sont majoritaires. Et l’indigénisme est très différent du Chili ou
de l’Argentine. Ici il se vit partout au jour le jour. Cette population
indienne est représentée à la tête du pouvoir par Evo Morales depuis un an
maintenant. Triomphe et espoir de tout un peuple au lendemain des élections,
les Boliviens ont reposé les pieds sur terre et se rendent compte que Evo ne
peut changer leur vie du jour au lendemain, même avec toute sa bonne volonté.
Il a tout de même négocier avec les grandes entreprises pétrolières étrangères
pour que la Bolivie touche une part du pétrole exploité sur son territoire
(auparavant les trusts pétroliers pillaient littéralement le pays de ses
ressources naturelles), a lancé des programmes concrets de modernisation de
l’agriculture, d’éducation (faire apprendre l’espagnol et une langue
maternelle : aymara, quechua…)… Des mesures un peu occultées par quelques
scandales de corruption au sein de son parti… Mais Evo possède toujours le
soutien de bon nombre de personnes, surtout dans les milieux ruraux.
07 avril 2007
Le parc Amboro, face nord : le projet de tourisme La Chonta
Nous avons visité un deuxième site au nord du parc, dans la partie plus amazonienne.
Pour arriver aux cabanes, il faut d’abord faire deux heures de balade à cheval, en passant quelques rivières (dont une où l’eau arrive au flanc du cheval), parcourant les zones de cultures de petits villages, situés aux abords du parc.
Puis nous nous enfonçons un peu dans la forêt, plus dense qu’à Volcanes pour découvrir le projet, qui lui se trouve dans la zone de gestion intégrée.
Le projet
Le site se compose d’une cabane pouvant loger une dizaine de personnes, d’une salle à manger et d’une cuisine, entièrement construites par les habitants de la communauté. Aujourd’hui cinq des dix familles de la communauté prennent part au projet de tourisme.
Les activités sont très sympas, selon le goût des touristes, on peut se lever à 6 h pour observer des oiseaux (sauf quand il pleut, ce qui était le cas pour nous…), se balader en forêt pour découvrir l’incroyable flore et peut être quelques animaux (au moins leurs traces)… On s’immerge dans une forêt dense, du type amazonienne, avec ses chants d’oiseaux et d’insectes, ses arbres immenses et ses lianes tissés autours des arbres…
Une part de l’argent des touristes est reversée à la communauté pour financer des besoins collectifs (achat de panneaux solaires dans une salle de réunion, avance de frais d’hopitaux…).
Un projet bien sympa dans un cadre totalement différent de celui de Volcanes. Les deux sites sont à voir !
02 avril 2007
Tourisme solidaire dans les paysages du parc Amboro
Le temps s’améliorant, le blocus des transport en commun de la ville de Cochabamba passe (et oui ca fait partie des joies de la Bolivie!) nous avons retenté l’approche du parc national Amboro entre Cochabamba et Santa Cruz, au Sud-Est du pays, pour visiter un projet touristique solidaire dans la communauté de Los Volcanes.
Après une mauvaise nuit dans un bus, vitres fermées alors qu’il faisait 30°, on est finalement arrivé à Bermejo, village-routier sans intérêt, point de départ du chemin nous amenant à la communauté de Los Volcanes.
Un guide d’une 50aine d’années, Raymundo, super sympa, nous attendait avec une mule, sur laquelle on a chargé nos sacs à dos. Là commence alors l’aventure avec un sentier de 2 heures au cours duquel nous avons franchi une dizaine de fois un cours d’eau à pied pour nous perdre dans la nature, entourés par de magnifiques paysages.
Le projet
Los Volcanes est une minuscule communauté d’éleveurs-agriculteurs criollos (descendants d’espagnols, métisses la plupart du temps) située dans la zone de gestion intégrée du parc Amboro. Le parc est en effet divisé en 2 parties ; la zone de protection intégrale, où toute activité humaine est interdite, et la zone de gestion intégrée permettant aux communautés rurales des alentours de continuer leurs activités, avec quelques contraintes.
Peu après la création du parc, il y a 8 ans, Probioma (une ong
bolivienne) proposa à cette petite communauté de mettre en place un projet de tourisme. La quinzaine de personnes motivées qui répondit à cette proposition a alors suivi des formations en tourisme, construit des bâtiments, mis en place des sentiers de marche pour présenter aujourd’hui une offre très intéressante aux touristes.
De plus la répartition des entrées d’argent est bien organisée ; chaque personne travaillant lors de la venue de touristes reçoit un solde, puis l’argent restant est reversé sur un compte pour être réparti équitablement entre chaque membre du projet en fin d’année.
Cette rentrée d’argent supplémentaire est bienvenue, même si Raymundo nous dit qu’il n’y a pas assez de touristes pour que cela change leur vie.
La petite communauté dont l’activité principale reste l’agriculture et l’élevage, souffre en effet d’un exode rural important. L’école a fermée il y a quelques années, faute de suffisamment d’élèves, et les jeunes partent travailler en ville, à l’étranger (en Espagne notamment).
Le site
On peut dormir en camping ou en cabane (il existe une cabane avec deux chambres de deux lits chacune).
Nous avons fait deux balades. Une d’une journée, de 13 km dans la forêt primaire pour s’approcher des abords de la zone de protection intégrale. Nous voyons alors disparaître les zones de pâtures déboisées pour nous enfoncer dans la forêt avec ses multitudes de papillons, ses arbres remplis d’épiphytes…une ballade énorme avec baignade au passage…
Le lendemain, on en redemandait encore, alors Raymundo nous a emmené au « mirador » pour avoir une vue imprenable sur la communauté et les collines l’entourant, sortes de tepuis où parait-il nichent quelques condors…
Un beau projet de tourisme solidaire dans un magnifique cadre naturel. A voir !
25 mars 2007
Le parc national Sajama : entre la protection de la nature et la conservation du mode de vie d’éleveurs de camélidés
Le tourisme et un fonctionnement communautaire original
Nous arrivons au
parc naturel Sajama à la tombée de la nuit. Après nous avoir fait payer
l’entrée du parc, l’enfant qui gardait l’entrée part nous chercher la
« responsable » des logements. C’est donc avec Isabella que nous
apprenons le fonctionnement de la petite communauté de Sajama perchée à 4230
mètres, entourée de volcans atteignant les 6000 mètres.
500 familles d'origine aymara
habitent la petite communauté, toutes sont éleveurs de lamas et d’alpagas, les
cultures n’étant pas possibles à ces altitudes.
Cependant depuis
plusieurs années, le tourisme prend de plus en plus d’importance. Aujourd’hui,
en haute période touristique, Sajama reçoit une centaine de touristes par
jour !
Les villageois ont
ainsi imaginé une solution afin que tous profitent de cette activité : ils
se partagent les touristes. Il n’y a pas de redistribution de l’argent versé
par les touristes à la communauté, mais un partage dans l’accueil des
touristes.
Presque tous les
villageois possèdent une habitation plus ou moins bien aménagée selon les
familles et un responsable nommé par la communauté pour le mois est chargé de
répartir les touristes entre tous les habitants, en veillant à être équitable.
Ainsi, chacun d’eux profite directement du tourisme !
Une solution
originale mais efficace pour que le tourisme ne profite pas à quelques familles
ayant un hôtel de meilleur facture que d’autres ! (il s'agit aussi d'^etre bons joueurs pour les touristes qui tombent dans un logement moins joli que d'autres!)
Le tourisme et
l’élevage de camélidés
L’activité
touristique a pris de plus en plus d’ampleur face à l’activité traditionnelle
d’élevage de camélidés. Aujourd’hui ces activités représentent chacune 50% du
temps de travail.
Le tourisme ne nuit
pas forcément à l’élevage de lamas et d’alpagas, au contraire. Les touristes
sont heureux de manger des plats de lamas ou d’alpagas. De plus, l’arrivée des
touristes a ouvert le marche d’artisanat en laine d’alpagas (gants, bonnets,
chaussettes) que les habitants auraient eu du mal à vendre à l’export.
Enfin, les camélidés
font partie du paysage et restent une activité traditionnelle très ancienne.
Il est en effet
toujours enivrant de voir ces troupeaux paître paisiblement à côté de quelques
vigognes, dans l’immense altiplano qui les entoure, fait de toundra et de pics
enneigés.
20 mars 2007
Estrella del Amanecer, les artisanes del Terrado
Nous avons passé une semaine en compagnie des 11 femmes appartenant au groupe d’artisanat Estrella del Amanecer (Etoile du matin) dans la communauté del Terrado. Une semaine pour découvrir le processus de fabrication de tissages artisanaux, de A à Z. Une semaine pour apercevoir quelques problématiques de la communauté, faire un petit film sur leur travail et réaliser un site internet pour promouvoir leurs produits. Une semaine aussi, pour découvrir les alentours de cette communauté perdue dans la montagne et vivre au rythme des femmes…
L’élaboration des produits
Nous nous sommes rendus chez chacune des 11 femme afin de discuter avec elles et de voir les différentes étapes de fabrication. Première étape, le filage des pelotes de fils synthétiques. Mais pourquoi du fil synthétique me demanderez-vous et pas avec de la laine de mouton ou de lama ? Il n’y a pas de lamas dans les alentours de la communauté et le peu de moutons qu’ils possèdent leur donnent une laine de moindre qualité, qu’elles utilisent pour tisser des produits du quotidien. Donc elles filent les pelotes de fils synthétique afin de les rendre plus fins et plus résistants.
Ensuite vient le tissage. Entre deux tiges de bois, elles tendent des fils de différentes couleurs, couleurs qu’elles ajustent selon les goûts du moment. Puis le tissage à proprement parler commence. Elles passent un fil en transversal qu’elles compriment bien grâce à leurs baguettes en os généralement. Ainsi on obtient un tissage épais, résistant.

Lorsque le tissage est terminé, un lavage est effectué, puis c’est au tour des couturières de passer à l’action. Elles coupent et découpent selon les patrons, puis cousent les morceaux avec leurs vieilles machines manuelles à pieds. Les produits finis sont alors étiquetés, prêts à la vente.
Une solution à l’exode rural pour certaines familles ?
La récolte (pommes de terre, maïs, haricots principalement) de cette année risque d’être très mauvaise (il n’a pas beaucoup plut). Ainsi nombreux hommes et femmes partiront de 5 à 7 mois dans la région de Santa
Cruz (le grenier de la Bolivie) pour travailler dans les champs de canne à sucre notamment. Nous avons appris qu’il existait un flux migratoire saisonnier important des habitants del Terrado vers les régions agricoles fortes de la Bolivie et même chez le voisin argentin. Pour une période de 6 mois en général pour une migration nationale et de deux ans pour une migration vers l’Argentine, les hommes et femmes abandonnent leur maison, leurs biens et laissent leurs enfants chez les grands-parents ou la famille afin d’apporter un revenu supplémentaire au foyer. Ce phénomène semble pouvoir se généraliser dans les petites communautés rurales où les récoltes sont parfois insuffisantes pour subvenir aux besoins des familles.
En discutant avec les femmes, nous avons appris que certaines n’ont plus besoin de partir travailler ailleurs avec leurs maris depuis qu’elles sont entrées dans le groupe Estrella del Amanecer. Elles apportent un revenu supplémentaire à leur famille grâce à leur artisanat.
Cependant depuis un certain temps les commandes diminuent car les sœurs d’un couvent proche (de très bonnes clientes) et la coopérante française qui s’occupait de la majeure partie de la communication autour de l’artisanat sont parties.
Le groupe de femmes artisanes est un peu en « restructuration ». En effet, une des femmes est partie s’installer à Santa Cruz pour rechercher un travail plus fixe, pendant qu’une autre envisage de rejoindre son mari en Argentine pour deux ans.
Aujourd’hui le groupe des 11 femmes fait parti d’un réseau de boutiques « équitables » boliviennes COMART dans lequel elles vendent quelques produits en dépôt-vente. Une association française de commerce équitable (AYLLU) est en train de reprendre contact avec elles…peut être de futurs nouveaux marchés qui leur permettraient d’améliorer les revenus familiaux et qui éviterait l’exode rural de ces familles…
01 mars 2007
Semaine d'attente a El Terrado
Nous voilà de retour a la ville pour un
jour (a Sucre) pour règler des mails...
Nous étions depuis samedi dans une communauté quechua située entre Potosi et Sucre, El Terrado. Pour y accéder, une option bien sympa, le train/bus qui met 4h30 a faire quelques kilomètres et qui garantit les sensations fortes quand on voit les précipices juste à côté et quand il stoppe brusquement a cause de pierres situées sur les rails (tombées apres les pluies torrentielles ...). Et surtout des paysages magnifiques... Vraiment on conseille ce moyen de transport pour ceux qui veulent faire la liaison entre Potosi et Sucre!
En fait, notre travail dans la communauté est de faire un petit reportage filmé sur le groupe de femmes Estrella del Amanecer qui fait de l'artisanat. On était censé commencer le travail dès notre arrivée mais carnaval battant encore son plein, les troupeaux à garder... les problèmes de réunion des femmes... nous ne commencerons que samedi soit une semaine plus tard...
Nous avons eu le temps de bien nous familiariser avec les habitants du village et de prendre quelques images de paysages, c'est magnifique. Les gens parlent encore tous quechua entre eux d'où le soulagement quand nous avons rencontré une infirmière qui voulait bien faire l'interprète.
A bientôt
SOPROQUI, une coopérative de producteurs de quinoa organique du sud de Bolivie
Peu après la visite de Nuestras Raices dans la région de Uyuni, nous avons rencontré le président de Soproqui, initiative très intéressante de producteurs de quinoa de la région.
Mais tout d’abord, qu’est ce que la quinoa ?
C’est une céréale de la famille des polygonacées, connue depuis 5000 ans. A l’époque précolombienne, les Incas l’appelaient la “plante mère” et lui accordaient des vertus particulières. Cette plante spécifiquement andine est cultivée en Bolivie, au Pérou et en Equateur. La graine de quinoa est extrêmement riche en protéines, en acides aminés essentiels et en sels minéraux (notamment en calcium, phosphore et fer). Sa valeur nutritive est comparable à celle du lait. Sa teneur en protéines dépasse celle des autres céréales : 14-15% pour la quinoa contre 11,5% pour le blé.
La coopérative Soproqui
La coopérative a vu le jour en 1982 lorsque plusieurs producteurs de quinoa des communautés paysannes
de la zone de Uyuni décident de réunir leurs excédents de production afin d’en retirer un prix supérieur que les prix proposés par les grossistes. Dès l’année suivante, ils décident de créer une centrale nationale d’exportation, Anapqui, afin d’écouler leur quinoa vers un marché plus rémunérateur : le marché du commerce équitable. La quinoa vendue est biologique depuis 1997. Anapqui vend aujourd’hui au monde équitable la quinoa organique de 8 coopératives régionales de Bolivie. Soproqui, la coopérative régionale du Nord Lipez, regroupe aujourd’hui 250 membres de 20 communautés rurales. 
Les objectifs de la coopérative, sont de rétribuer les producteurs au meilleurs prix et de les accompagner dans la culture de la quinoa. Alors que les concurrents payent environ 205 bolivianos le quintal (soit 20 €), Soproqui paye les producteurs 250 bolivianos. De plus, l’organisation reverse 50 % des bénéfices à ses membres en fin d’année. Quant à la centrale d’exportation Anapqui, elle donne un bonus de 15 Bs par quintal aux coopératives régionales et de 7,5 Bs aux producteurs, par quintal produit.
Justino est un producteur de quinoa biologique de Soproqui. Il possède quelques hectares de quinoa (en général une dizaine d’hectare) qui lui permettent de nourrir sa famille et de vendre l’excédent à Soproqui. Il a choisi cette coopérative car elle rémunère mieux que les autres. Il en a été président pendant deux ans. En effet tous les producteurs sont éligibles. En plus nous dit-il, Soproqui a eu un effet sur les autres acheteurs qui ont du aligner plus ou moins leurs prix sur ceux de la coopérative équitable. Ainsi le prix reversé aux producteurs pour leur quinoa a augmenté.
Soproqui a donc contribué à l’amélioration des conditions de vie des petits producteurs de l’altiplano sud bolivien. A cause d’un trop fort défrichage des terres, ils doivent aujourd’hui faire face au problème de l’érosion de leurs champs. Les champs nus sont en effet des proies faciles pour le vent et les pluies violents. Soproqui et Anapqui ont néanmoins mis en place des équipes de techniciens afin de remédier aux dégâts de l’érosion notamment…
23 février 2007
Potosi et sa mine
Potosi est connue pour être la ville la plus haute du monde (elle est située à 4090 mètres d’altitude) mais aussi pour la quantité d’argent qui a été extraite de ses mines. Toute son histoire est liée à ce métal.
Cette ville, créée en 1545 suite à la découverte d’un filon d’argent sur le Cerro Rico a connu un tel essor qu’elle est devenue à la fin du 18ème siècle la cité la plus grande et la plus riche d’Amérique Latine. L’argent extrait de ses mines a financé l’économie espagnole durant plus de 2 siècles. Cependant, Potosi connaît une gloire de courte durée car ses réserves que l’on pense inépuisables diminuent au 19ème siècle. La baisse du court de l’argent en 1850 ne fait que renforcer le déclin de la ville.
Durant les deux siècles d’exploitation sous la couronne espagnole, plus de 8 000 000 d’Indiens et d’Africains auraient laissé leur vie dans la mine. En effet les conditions de travail au XVI siècle étaient effroyables. Par roulement de 12 heures, les esclaves indiens et noirs demeuraient sous terre 4 mois d’affilée, mangeant, dormant dans les mines. Ils devaient se bander les yeux lorsqu’ils sortaient des mines pour éviter qu’ils ne soient brûlés par le soleil.
Aujourd’hui, les mines du Cerro Rico sont encore exploitées et Potosi garde toujours les traces de la colonisation espagnole dans son architecture. C’est une ville très agréable, construite sur les flans de différentes collines, au pied du Cerro Rico.
La visite des mines coopératives (qui ne sont d’ailleurs coopératives que dans la distribution des galeries ! Si un homme
trouve un bon filon, il garde 80% de l’argent pour lui et le reste va au groupe de mineurs avec qui il travaille) est très impressionnante.
15 000 mineurs y travaillent, encore dans des conditions proches de celles de la colonisation. Le travail est fait à l’aide d’outils archaïques (pioches, pelles, brouettes, lampes frontales…), sans protection (un casque à la rigueur), à des températures pouvant bien aller sous la barre du zéro. Ils inspirent des gaz nocifs et meurent souvent de silicose après 10 ou 15 ans de travail dans la mine.

Leur journée débute par un passage au marché des mineurs où ils achètent dynamite, coca (feuilles) et boissons. Dès leur arrivée aux mines, ils font une offrande à un dieu auquel ils demandent protection.
Plus bas dans la mine on peut croiser une statue du « Tio », le diable à qui appartient le minerai extrait du cerro, puisque le domaine souterrain est le royaume du Diable (cependant ils préfèrent dire Tio , oncle en espagnol, que le diable) ! Les mineurs lui font donc des offrandes pour avoir sa protection, qu’il les aide à trouver le bon filon…
Ils travaillent ensuite durant 10 heures, sans manger autre chose que des feuilles de coca. Les uns percent la roche pour placer la dynamite, les autres déblayent les remblais vers la sortie avec des brouettes… Ils gagnent quotidiennement environ 100 bolivianos (parfois moins parfois plus), soient 10 euros.

Chaque vendredi soir ils se réunissent autour de l’effigie du Tio : alcool versé devant la statue, feuilles de coca déposées, offrandes de cigarettes, dans sa bouche… et ils boivent en son honneur.
Ceux qui travaillent dans les raffineries ne sont pas mieux lotis car ils traitent les gravats extraits de la mine à l’aide de bains d’arsenic, de mercure ou de magnésium !
Malgré une législation stricte, les raffineries, au nombre de 36 dans Potosi, se trouvent au centre de la ville et rejettent leurs eaux usées sans être traitées !
Des conditions de travail digne du XVI siècle, une espérance de vie rapidement réduite, le travail des enfants (certains commencent à 12 ans), pour exporter du zinc, du plomb et le peu d’argent qui reste dans le Cerro Rico, montagne gruyère, qui fit jadis la gloire de Potosi.
20 février 2007
Le carnaval en Bolivie
Le 17 février, comme partout dans le monde, c’était le carnaval. En France, quelques défilés et batailles de mousse à raser…Ici, c’était différent. On a vécu deux carnavals, un à Uyuni, l’autre à Oruro. Deux carnavals, deux ambiances différentes.
Les deux carnavals sont structurés de la même manière, avec, durant une grande partie de la journée, un défilé de « groupes » (comparses en espagnol) dansant, ayant chacun leurs déguisements, des batailles de bombes à eau et de mousse carbonique (bien mieux que la mousse à raser, soit dit en passant) venant animer la fête.
Le carnaval de Uyuni

A Uyuni les batailles visaient aussi bien la foule (ils prenaient d’ailleurs un malin plaisir à bombarder les touristes) que les danseurs. En gros c’était un bordel pas possible avec des bombes à eau et de la mousse qui fusaient de partout, et au milieu les danseurs, qui bien qu’en en prenant plein la figure essayaient de faire leur « chorégraphie ».
Le soir venant, le défilé prend une autre tournure : les déguisements font place aux habits traditionnels, et on assiste à une séance de défoulement. Tout le monde danse en couple, plus ou moins en file indienne, des rameaux à la main, et pas mal d’alcool dans le sang ! Une ambiance très prenante, surtout quand on voit les petits bouts de femmes habillés traditionnellement complètement déchaînées ! Le tout arrosé de mousse…
Le carnaval de Oruro

Ce carnaval est réputé être le plus fou après celui du Brésil. C’est un carnaval à une autre échelle. Toute la ville est parcourue par le défilé, de 8 heure du matin jusqu’au levé du jour suivant. Les nombreux costumes ont tous des significations (à chercher dans les mythes, fables, traditions, cultures indigènes et chrétiennes) et constituent aujourd’hui une forme d’art à part entière (ils peuvent valoir plusieurs 100aines de dollars).

Si durant le jour le carnaval est un joli défilé de danseurs costumés, assez sage, il devient une vraie fête pendant la nuit. Les danseurs, en pseudo transe communiquent plus avec les spectateurs, qui dansent eux aussi comme des ptits fous…
Des costumes énormes avec une ambiance assez hystérique, pour une soirée top méga-dance !
19 février 2007
Nuestras Raices, une initiative de tourisme communautaire dans la region de Uyuni
Arrivés en Bolivie, nous avons commencé par rencontrer le président d’une association de tourisme communautaire de la région d’Uyuni (au sud ouest de la Bolivie), l’association Nuestras Raices.
Nous avons donc réalisé un tour de trois jours passant par le salar d’Uyuni, le plus grand salar au monde (12 000 km2), l’altiplano bolivien avec ses lagunes colorées peuplées de flamands et différentes petites communautés de paysans d’origine quechua.
Celles-ci vivent principalement de la culture de quinoa et de l’élevage de lamas et de moutons. 
Les atouts naturels de la région font de Uyuni un centre touristique important. Ainsi tous les jours de nombreux 4*4 partent en direction du salar et des lagunes pour des tours de 1 ou 3 jours. Nous avons fait le tour lorsque le salar était inondé, ce qui le rend encore plus surnaturel.
Nuestras Raices, association récente formée de 26 familles provenant de 6 communautés se distingue des autres agences en proposant un circuit porté sur différents sites archéologiques de la région. On apprend
ainsi l’histoire de leurs ancêtres les Chullpas. Un de ses objectifs principaux est de faire bénéficier les communautés de ce tourisme culturel tout en voyant les sites majeurs comme le salar et les lagunes colorées. Exemple tout simple : alors que les agences habituelles possèdent des cuisinières dans chaque voiture qui prépare les repas, Nuestras Raices préfère emmener les touristes manger dans les «restaurants» des communautés (laissant ainsi des bénéfices aux gens de la communautés).
Pour l’instant on mange dans des restaurants privés (appartenant à une famille de la communauté) mais l’objectif à long terme de l’association est de créer des restaurants et logements communautaires qui profiteront a plusieurs familles de la communauté.
Voilà une proposition alternative intéressante car en plus des sites classiques on découvre un autre aspect
de la région, culturel et archéologique tout en faisant participer des communautés.
3 jours formidables, en grande partie dus aux explications de César notre guide et aux splendeurs de la région.


























